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Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens

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L'ECOLE COLONISEE

Discours de Jules Ferry du 28/07/1885 (JO page 1058)

« Oui, nous avons une politique coloniale, une politique d’expansion coloniale qui est fondée sur un système. »

JO page 1062 : « Cette politique coloniale repose sur une triple base économique, humanitaire et politique. »

JO page 1065 : Monsieur Camille PELLETAN : « … Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures… » (remous sur plusieurs bancs à l’extrême gauche)

JO page 1067 : Jules FERRY : « La politique coloniale de la France, la politique d’expansion coloniale, celle qui nous a fait aller, sous l’Empire, à Saigon, en Cochinchine, celle qui nous conduit en Tunisie, celle qui nous a amenés à Madagascar, cette politique d’expansion coloniale s’est inspirée d’une vérité… à savoir qu’une marine comme la nôtre ne peut pas se passer, sur la surface des mers, d’abris solides, de défenses, de centres de ravitaillement… »

JO page 1068, le même : « …c’est pour cela qu’il nous fallait la Tunisie, c’est pour cela qu’il nous fallait Saigon et la Cochinchine, c’est pour cela qu’il nous faut Madagascar et que nous sommes à Diego-Suarez. Et que nous ne les quitterons jamais. »

 

 

Discours du Maréchal BUGEAUD à la Chambre le 14 mai 1840 :

 

 

 

« … Il faut une grande invasion en Afrique qui ressemble à ce que faisaient les Francs, à ce que faisaient les Goths. »

 

 

Proclamation de Monsieur le gouverneur général Bugeaud à tous les chefs des Flissas, Aorme-Raouas, Bem Quelfoum, Nazelyouas, Ouled el Aaziz et Harchouas :

 

 

« Venez me trouver à mon camp sur l’Ysser, chassez Ben Salem de votre pays ; soumettez-vous à la France et il ne vous sera fait aucun mal.

« Dans le cas contraire, j’entrerai dans vos montagnes, je brûlerai vos villages et vos maisons, je couperai vos arbres fruitiers, et, alors, ne vous en prenez qu’à vous seuls, je serai, devant Dieu, parfaitement innocent de ces désastres. » (« Moniteur Algérien », « JO », 14 avril 1844)

 

 

 

Bugeaud à la Chambre le 24 janvier 1845 :

 

« Après la bataille de l’Isly, nous pouvions aller jusqu’à Fez sans trouver une opposition sérieuse. Mais ce qui était plus sérieux que l’opposition des troupes, c’était la chaleur… Il y avait impossibilité matérielle d’aller jusqu’à Fez, tout ce que nous pouvions faire, c’était de parcourir et de ruiner une zone de 15 à 20 kilomètres de pays, et je le déclare, dussé-je affliger quelques philanthropes, je l’ai fait autant que je l’ai pu.

« Si je ne l’ai pas dit dans mon rapport, c’était pour ménager la sensibilité de certains hommes que nous avons en France et qui sont plus soigneux des intérêts de l’humanité que de ceux de leur pays…

« Quant aux razzias, contre lesquelles on s’est tant récrié, je demande s’il était un autre moyen d’arriver à la conclusion de la guerre… en Afrique, il n’y a pas de capitales, pas de villes, pas de villages, pas de fermes, il n’y a qu’un seul intérêt qu’on puisse atteindre, c’est l’intérêt agricole… »

…  « Et savez-vous pourquoi nous sommes allés jusqu’à Biskra et chez les Ouled Naïl, qui sont à 130 Km des côtes ? Pour nous ouvrir des routes commerciales à l’intérieur, nous avons fait ce que font les Anglais, la guerre d’intérêt ; nous avons marché l’épée dans une main et le mètre dans l’autre… »

 

 

Extraits des lettres du Maréchal de Saint-Arnaud (Tome I pages 141, 313, 325, 379, 381, 390, 392, 472, 474, 549, 556 ; tome II, pages 83, 331, 340)

 

« Le pillage, exercé d’abord par les soldats, s’étendit ensuite aux officiers, et quand on évacua Constantine il s’est trouvé, comme toujours, que la part la plus riche et la plus abondante était échouée à la tête de l’armée et aux officiers de l’État-major. » (prise de Constantine octobre 1837)

« Nous resterons jusqu’à la fin de juin à nous battre dans la province d’Oran et à y ruiner toutes les villes, toutes les possessions de l’émir, partout il trouvera l’armée française la flamme à la main. » (mai 1841)

« Mascara, ainsi que je te l’ai déjà dit, a dû être une ville belle et importante. Brûlée en partie et saccagée par le maréchal CLAUZEL en 1835. »

« Nous sommes dans le centre des montagnes, entre Miliana et Cherchell. Nous tirons peu de coups de fusil, nous brûlons tous les douars, toutes les villes, toutes les cahutes. » (avril 1842)

« On ravage, on brûle, on pille, on détruit les maisons et les arbres. » (région Miliana juin 1842)

« Le lendemain 4, je descendais à Blida, je brûlais tout sur mon passage et détruisais ce beau village… il était 2 heures, le gouverneur (Bugeaud) était parti. Les feux, qui brûlaient encore dans la montagne, m’indiquaient la marche de sa colonne. » (région de Miliana février 1843)

« Les beaux orangers que mon vandalisme va abattre… je brûle aujourd’hui les propriétés et les villages de Ben-Salem et de Bel-Cassem. » (région de Bougie, 2 octobre 1844)

« J’ai laissé sur mon passage un vaste incendie. Tous les villages, environ deux cents, ont été brûlés, tous les jardins saccagés, les oliviers coupés. » (Petite Kabylie, mai 1851)

 

 

Témoignage du colonel de Montagnac, subordonné de LAMORICIERE. (lettres)

 

« Vive Lamoricière ! Voilà ce qui s’appelle mener la chasse avec intelligence et bonheur… Ce jeune « général », qu’aucune difficulté n’arrête, qui franchit les espaces en un rien de temps, va dénicher les Arabes dans leurs repaires, à vingt-cinq lieues à la ronde, leur prend tout ce qu’ils possèdent : femmes enfants, troupeaux, bestiaux, etc. » (1er février 1841)

« Nous poursuivons l’ennemi, nous lui enlevons femmes, enfants, bestiaux, blé, orge, etc. » (région de Mascara, 17 janvier 1842)

« Pendant que nous rasons de ce côté, le général Bedeau, autre perruquier de première qualité, châtie une tribu des bords du Chélif, leur enlève de force femmes, enfants et bestiaux. » (11 février 1842)

Plus tard, étant cette fois en Petite Kabylie, de Montagnac applique lui-même le système Lamoricière :

« Nous nous sommes établis au centre du pays, brûlant, tuant, saccageant tout. Quelques tribus pourtant résistent encore, mais nous les traquons de tous côtés pour leur prendre leurs femmes, leurs enfants, leurs bestiaux. » (2 mai 1843)

« Vous me demandez, dans un paragraphe de votre lettre, ce que nous faisons des femmes que nous prenons. On en garde quelques-unes comme otages, les autres sont échangées contre des chevaux, et le reste est vendu à l’enchère, comme bêtes de somme. »

(Lettre datée de Mascara, 31 mars 1842. DE MONTAGNAC, Lettres d’un soldat à sa famille)

 

 

Ordre du gouverneur général BUGEAUD, duc d’ISLY, au colonel PELISSIER.

 

« ORLEANSVILLE, 11 juin 1845.

« Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez CAVAIGNAC aux SBEBAS. Fumez-les à outrance comme des renards. » (Cité dans : Revue Hebdomadaire de juillet 1911, article du général DERRECAJAIX)

 

 

Quelques précisions sur cette affaire :

 

« Imitez Cavaignac », ordonnait Bugeaud. En effet, Cavaignac, futur gouverneur général de l’Algérie et futur fusilleur d’ouvriers dans Paris, avait commis le même crime quelque temps auparavant.

Le prince de la Moskova, fils du maréchal Ney, interpella à la Chambre des Pairs sur ces horreurs. Le maréchal Soult, ministre de la Guerre, demanda des explications à Bugeaud.

 

 

Voici la réponse de Bugeaud                                                                          « Alger, 18 juillet 1845

Direction du Personnel Opérations Militaires CONFIDENTIELLE

« Monsieur le Maréchal,

« Dans votre dépêche du 12 juillet, vous me demandez de nouveaux renseignements sur la malheureuse affaire des grottes des OULED RIAH.

« Je regrette, Monsieur le Maréchal, que vous ayez cru devoir blâmer, sans correctif aucun, la conduite de Monsieur le colonel PELISSIER, ce qui implique le blâme sur toutes les rigueurs inévitables auxquelles l’armée est forcée de se livrer pour atteindre le but de la FRANCE.

Je vous l’ai déjà dit, je prends sur moi la responsabilité de l’acte de M. le colonel PELISSIER.

« Il faut donner au public des idées plus justes sur la nécessité des actes rigoureux pour aboutir à la soumission réelle du pays, sans laquelle il ne peut y avoir ni colonisation, ni administration, ni civilisation. Avant d’administrer, civiliser, coloniser, il faut que les populations aient accepté notre loi. Mille exemples ont prouvé qu’elles ne l’acceptent que par la force, et celle-ci même est impuissante si elle n’atteint pas les personnes et les intérêts.

« Voilà ce qu’il ne faut cesser de dire jusqu’à ce qu’on l’ait compris. »

 

 

Autre précision :

 

Deux mois après le colonel Pélissier, le 12 août 1845, SAINT-ARNAUD, à son tour, près de TENES, transforma une grotte en un « vaste cimetière » pour « 500 brigands ». Mais l’interpellation l’avait simplement rendu prudent : il cacha son exploit : « Personne n’est descendu dans les cavernes, personne… que moi… Un rapport confidentiel a tout dit au maréchal (Bugeaud) simplement, sans poésie terrible, ni images. » (Lettres du maréchal Saint-Arnaud, tome II, p. 37.)

 

 

 

Mais que s’était-il passé chez les Ouled Riah ? En un an, sur trois points différents, trois colonels français, Cavaignac, Pélissier, Saint-Arnaud, firent périr trois tribus entières (hommes, femmes, enfants), réfugiés dans des grottes, en les brûlant et en les asphyxiant vives.

Le 19 juin 1845, la tribu des Ouled Riah, chassée de ses villages par les colonnes incendiaires de Bugeaud, se réfugie dans une grotte. Le colonel Pélissier fait allumer des feux à l’entrée toute la journée et toute la nuit.

Récit d’un témoin : « Quelle plume saurait rendre ce tableau ? Voir au milieu de la nuit, à la faveur de la lune, un corps de troupes françaises occupé à entretenir un feu infernal. Entendre les sourds gémissements des hommes, des femmes, des enfants et des animaux ; le craquement des rochers calcinés s’écroulant… Le matin, quand on chercha à dégager l’entrée des cavernes… gisaient des bœufs, des ânes, des moutons… parmi les animaux entassés sous eux, on trouvait des hommes, des femmes et des enfants. J’ai vu un homme mort, le genou à terre, la main crispée sur la corne d’un bœuf. Devant lui était une femme tenant son enfant dans ses bras. Cet homme avait été asphyxié au moment où il cherchait à préserver sa famille de la rage de cet animal… On a compté 760 cadavres… » (L’Afrique française, page 442.)

 

 

S’agissait-il du crime d’un sadique ? Non. Il s’agissait d’un ordre supérieur du gouverneur général Bugeaud, duc d’Isly…

 

 

 

==========

 

 

Pourquoi la conquête de l’Algérie ?

 

Il y a les causes, et il y a les prétextes.

 

1° De 1793 à 1800, la France a été ravitaillée en blé par l’Algérie. Deux négociants, Bacri et Busnach, qui s’occupent du commerce extérieur de l’Algérie, ont fourni pour 25 millions de francs-or de blé.

2° Lorsque le trésor fut vide, sous le Directoire, le dey d’Alger consentit à la France les emprunts nécessaires pour acheter ce blé. Il prêtait cet argent sans intérêt. La France ne payant point, le dey continua ses livraisons.

3° En 1815, la paix étant établie pour la France, le dey et les négociants réclament leur dû. Une commission française, réunie en 1819, réduit les factures de 25 à 7 millions. Le dey accepte. Sous prétexte d’oppositions faites par les créanciers de Bacri, les tribunaux français, en 1827, n’ont pas encore statué sur la validité des oppositions. Le dey n’est pas remboursé du million qu’il prêta sans intérêt trente et un ans plus tôt.

4° Le consul de France à Alger, Deval, est un prévaricateur. En octobre 1826, le dey Hussein écrit au ministre des Affaires étrangères : « Je ne puis souffrir cet intrigant chez moi. J’ai appris par ledit Bacri qu’il a fallu promettre à Monsieur votre consul  Deval et à M. Pléville une somme de 2 millions pour lui avoir fait obtenir les 7 millions.

Par ailleurs, la France avait promis, par l’intermédiaire du consul Deval, de ne pas fortifier l’entrepôt commercial de « La Calle », à 500 Kilomètres d’Alger, que le dey lui avait concédé. Or, la France avait transformé La Calle en place-forte, violant la parole donnée.

5° Le dey d’Alger demanda à Deval des explications. Deval, insolemment, les refusa. L’ayant convaincu de mauvaise foi, le dey frappa le consul de son chasse-mouches, le 30 avril 1827.

Le 14 juin 1830, les troupes françaises débarquent à Sidi Ferruch et le 56 juillet 1830 prennent Alger pour « venger le coup d’éventail » !

 

 

La conquête

 

 

 

De 1830 à 1871, la bourgeoisie française, sous cinq régimes différents, poursuit la conquête de ce territoire de 5 millions d’habitants. Ce furent quarante années de massacres et de spoliations.

L’expression française officielle est parfois un peu contradictoire :

 

 

 

Le Général DE BOURMONT, 5 juillet 1830 :

« La liberté des habitants de toutes les classes, leur religion, leurs propriétés, leurs industries ne recevront aucune atteinte… Le général en chef en prend l’engagement sur l’honneur. »

 

 

Le Maréchal BUGEAUD, Discours à la Chambre le 14 mai 1840 :

« Il faut des colons. Il faut qu’une ordonnance royale leur promette des terres dans la meilleure situation, à Tlemcen, à Mascara.

« Partout où il y aura de bonnes eaux et des terres fertiles, c’est là qu’il faut placer les colons, sans s’informer à qui appartiennent les terres ; il faut les leur distribuer en toute propriété.

 

« En outre, l’ordonnance royale leur assurerait des armes et des munitions pour se défendre. »

 

 

Ordonnance du 1er octobre 1844 :

 

« Toute terre non cultivée sur laquelle un droit de propriété ne pourra être prouvé fera partie du domaine public. »

Or, les tribus n’ont pas de titres de propriété, et leurs terres servaient pour la plupart, de parcours pour l’élevage. Conséquence : pour la région d’Alger, sur 111.000 hectares recensés, 78.000 furent déclarés appartenir au domaine public.

L’année suivante, tout le littoral d’Alger à Oran était en insurrection.

La colonisation continue :

Ø      Ordonnance de 1851 : les tribus sont « cantonnées » dans une partie de leurs terres. Le reste est confisqué : 60.000 hectares furent ainsi confisqués

Ø      Sénatus-consulte de 1863 : les terres des tribus sont délimitées. Les meilleures terres sont déclarées « domaine public » (Larcher, Législation algérienne tome III, p. 95)

Ø      Dès 1900, en vertu du Sénatus-consulte de 1863, 2.250.560 hectares ont été classés comme domaine de l’État, rien que dans le Tell.

 

 

Propriétés individuelles :

 

Ø      L’expropriation : 1° n’est pas prononcée par jugement d’un tribunal, mais par décision administrative ; 2° n’est pas prononcée pour cause d’utilité publique, mais privée (réf. Larcher, Traité de Législation algérienne, tome III, p. 441)

Ø      Le séquestre : toute tribu se révoltant peut avoir ses terres séquestrées. Exemple, après l’insurrection de 1871, en Kabylie, 2.639.000 hectares furent séquestrés d’un seul coup.

 

 

Biens religieux

 

 

 

Exemple : comment la mosquée de Ketchaoua à Alger, aujourd’hui cathédrale d’Alger, fut enlevée le 18 décembre 1832 :

« Le général en chef fit se réunir les commissaires français, leur enjoignant de demander au clergé musulman la mosquée de la rue du Divan. Nouvel émoi des indigènes, parmi lesquels s’ourdissent des conspirations…

« Les Maures Ben Derba et Ben Ouizza viennent, le soir du 8 décembre, avertir l’un des interprètes que 10.000 arabes ont juré de mourir sous la coupole de Ketchaoua plutôt que de consentir à sa prise par les chrétiens.

« Avisé, le général en chef fait, le 17, doubler les postes et inviter les deux muphtis à remettre les clefs de la mosquée. Il fait publier un ordre relatif à l’occupation du temple et se terminant ainsi :

Ø      La croix et l’étendard de la France seront fixés au minaret et salués par les batteries de terre et de mer. »

 

 

 

« Le 18 décembre à midi, une compagnie du 4ème de ligne s’installe rue du Vinaigre (actuellement rue Salluste). Une demi-batterie de campagne prend position sur la place du Soudan. Il y a 4.000 musulmans barricadés dans l’intérieur de la mosquée. Une escouade de sapeurs du génie s’approche pour attaquer la porte à coups de hache… La troupe refoule à la baïonnette les indigènes dans l’intérieur de la mosquée. Plusieurs Arabes gisent, étouffés ou blessés… Toute la nuit, le temple fut occupé par une compagnie d’infanterie. Ainsi s’accomplit la prise de possession de Ketchaoua. »

 

 

(Kleim, spécialiste de l’histoire du Vieil Alger, dans la « Dépêche Algérienne » du 16 octobre 1928)

 

 

Remarquons toutefois que, sur cette affaire de la mosquée de Ketchaoua, la Commission gouvernementale d’enquête publia un rapport qui est un aveu tardif, en 1883, un demi siècle après.

 

 

Extrait du rapport :

 

 

 

« Nous avons réuni au domaine les biens des fondations pieuses, nous avons séquestré ceux d’une classe d’habitants que nous avions promis de respecter…

 

 

 

… nous nous sommes emparés des propriétés privées sans indemnité aucune et, de plus, nous avons été jusqu’à contraindre des propriétaires, expropriés de cette manière, à payer les frais de démolition de leurs maisons et même d’une mosquée.

 

 

 

« Nous avons profané les temples, les tombeaux, l’intérieur des maisons, asile sacré chez les musulmans.

 

 

 

« Nous avons massacré des gens porteurs de sauf-conduits, égorgé sur un soupçon des populations entières qui se sont ensuite trouvées innocentes ;

 

 

 

Nous avons mis en jugement des hommes réputés saints dans le pays, des hommes vénérés, parce qu’ils avaient assez de courage pour venir s’exposer à nos fureurs, afin d’intercéder en faveur de leurs malheureux compatriotes ; il s’est trouvé des hommes pour les condamner et des hommes civilisés pour les faire exécuter. »

 

 

 

Nous pensons que le rapport de la Commission gouvernementale d’enquête peut servir de conclusion à ces quelques notes.

==========

 

 

 

 

Sources :

 

 

 

·   Journal Officiel.

·   Presse algérienne.

·   Editions « Les Dossiers Pédagogiques – Paris »

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces textes, rassemblés par Jean Chollet,

 

ont été transmis en 2002 à Pierre-Alban Thomas,

 

qui put en faire état lors de son intervention aux

 

« rendez-vous de l’Histoire »

 

à la Halle aux Grains de Blois

 


au sujet des notes sur la colonisation en Algérie.

 

 

 

La plupart de ces notes furent déjà utilisées par l’auteur dans ses classes au CET Ampère à Marseille, au moment où les effectifs-élèves augmentaient par l’arrivée de jeunes « pieds-noirs ».

C’était une imprudence, sans doute, mais il était également insupportable de modifier une démarche pédagogique pour des raisons opportunistes, et de céder à des considérations politiciennes.

Les élèves « pieds-noirs » de ce collège technique étaient des garçons très sympathiques, et ils s’étaient très vite intégrés. J’appris à leur contact beaucoup de choses intéressantes sur l’Algérie.

Le soir, après l’école, je me rendais rue Haxo pour prendre mon tour de garde dans les locaux de la Fédération du Parti communiste. C’était une décision prise en raison des menaces d’attentats terroristes de l’OAS.

Je n’avais pas pensé une minute que les pères de certains de mes élèves (une petite minorité) fussent précisément des militants OAS, et je reçus des avertissements et des menaces.

Je me trouvai ainsi engagé dans le plan « vigipirate » jour et nuit.

Mes rapports avec les jeunes pieds noirs n’en souffrirent pas, au contraire.

Et c’est là l’essentiel.

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