Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens
Jean Chollet
in memoriam
quelques extraits de
« planètes ivres »
en guise d’avant-propos
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AVIS DE RECHERCHE
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Le 31 décembre 93, vers 20 heures, la télé était allumée... Un homme (il ressemblait à s'y méprendre à François Mitterrand) a souhaité la bonne année à tout le monde.
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Il parlait de l'Europe : l'Europe par-ci, l'Europe par-là... Derrière lui, un petit ventilateur faisait bouger les plis mêlés d'un drapeau européen et d'un drapeau français...
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Bien sûr, c'était une blague ! Mais c'était bien imité : le timbre de la voix, les fringues, enfin, tout... ou presque... Et comme ça se passait à Strasbourg, la régie envoie, à la fin, le Chant de Marche de l'Armée du Rhin, avec la photo de Rouget de l'Isle.
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Tout de même, à l'Elysée, on s'est inquiété. Mais le type avait déjà passé le pont...
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On n'a rien retrouvé.
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Dernière minute : si, on l’a retrouvé !
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Voir page 20 une importante information sous le titre « come bak »
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chuchotements
Lors de la passation des pouvoirs, on a pu voir François Mitterrand parler, par trois fois, à l'oreille de Jacques Chirac. Mais "hors micros", ce qui a fort intrigué les journalistes et les politologues. Nous avons pu éclaircir le mystère :
La première fois, c'était pour le code du garage de la voiture;
La seconde fois, c'était pour le code de la Bombe du plateau d'Albion;
La troisième fois, c'était la formule pour guérir des écrouelles.
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soir de bataille
Le chef des Armées téléphone à son Ministre de la Guerre :
- Qu'est-ce qu'on raconte ? On a eu des pertes ? Je veux un état précis !
Jean-Pierre lit un papier :
- En passant par la Lorraine, Messmer a sauté sur une mine...
- Bon ! Et après ?
- Le parachute de Bigeard s'est mis en torche...
- C'est pas Dien Bien Phû !
- Oui, mais Bernard est allé au tapis...
- Allez l'O.M. ! Quoi d'autre ?
- Le lieutenant Le Pen a fait une fausse manoeuvre et il a reçu une décharge de sa gégène dans les parties...
- Ca lui fera les pieds !... C'est pas trop grave, quand même ?
- Non. Mais Georgina s'est fait tailler une veste chez Cacharel.
- Je suis sûr que ça lui ira très bien !...
Bon ! Revue de détail à onze heures dans la cour du Louvre.
Ordre du jour : "Du haut de ma pyramide, soixante-huit ans de cohabitation avec la droite nous contemplent ! "
Rompez !
questions à des personnalités politiques.
- Madame Simone VEIL, vous vous déclarez inquiète du score de Le Pen. Cette inquiétude est-elle motivée par le souvenir des chambres à gaz et des fours crématoires d'Auschwitz, ou encore par d'autres considérations ?
- Lionel STOLERU, quand vous défiliez aux côtés de Harlem Désir pour affirmer l'égalité dans la différence, faisiez-vous une différence entre un patron capitaliste qui exploite jusqu'à la mort l'immigration clandestine, et un travailleur qui immigre clandestinement pour échapper à la mort ?
- François MITTERRAND, vous avez écarté Lecanuet du gouvernement : "Trop atlantiste" - ont dit vos porte-parole. Pourriez-vous expliquer en quoi vous êtes moins atlantiste que lui ? - Monsieur LECANUET, Mitterrand vous a écarté du gouvernement : "Trop atlantiste" - ont dit ses porte-parole. Pourriez-vous expliquer en quoi vous êtes plus atlantiste que lui ?
Question subsidiaire aux sous-ministres femmes du nouveau gouvernement :
"La décision de fixer le premier conseil un jour de lessive et de repassage n'est-elle pas appréciée par vous comme un prétexte machiste ?"
Notes datées du 26/3/86
Fabius: "Au secours, la droite revient !"
Mitterrand: "Au secours, la droite! Reviens !"
Chirac: "La droite revient au secours !"
Qui revient au secours de la droite ?
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Un jour de 84, au bahut, les copines et les copains me demandent : "La situation, qu'est-ce que tu en penses ?"
Alors, j'ai écrit ça dans notre journal de cellule "Point de Vue" :
Devant la morosité des Français en 79-80, la droite, dont - comme chacun ne le sait pas toujours -, le service de prévention socio-politique est composé d'observateurs vigilants, nombreux et compétents, avait décidé :
1 - d'envoyer la contestation en congés payés;
2 - de rénover et de réaménager les locaux;
3 - de donner en représentation publique gratuite un intermède social, afin d'accueillir dans les locaux neufs les contestataires bronzés à leur retour de vacances.
L'opération n'était pas sans risques, étant donné que les employés désignés pour ce travail, et auxquels on demandait de faire confiance, n'avaient pas que de bonnes fréquentations ni que des antécédents irréprochables !...
Malgré les injonctions réitérées du journal "Le Monde", appelant, - parfois même "en clair" - à voter socialiste, il fut impossible pourtant de se passer de l'électorat communiste. Il était temps, d'ailleurs : il fallut faire vite, car l'entreprise de marginalisation du Parti communiste portait déjà des fruits bien lourds ! Enfin, tout se passa bien : on dépassa les 50 %, et on réussit à faire avaler à Wall Street la pilule amère de quatre ministres communistes qu'on n'avait pas pu éviter.
- "Faites-moi confiance !" - disait le chef de l'Etat aux reaganiens de l'intérieur et de l'extérieur - "ça ne sera pas long !"
En effet, ça n'a pas été long. A tel point qu'un homme solide et réaliste comme Raymond Barre n'en croit pas ses oreilles :
"Je crois m'entendre, - dit-il - lorsque Laurent Fabius s'exprime."
Avouerai-je que, pour ma part, je crois aussi entendre Raymond Barre ?
lettre à François Mitterrand, Président de la République Française. du 29 / 11 / 85
Monsieur le Président de la République,
C'est en ma qualité de citoyen français que je prends la liberté de m'adresser directement au citoyen François Mitterrand.
Je m'y sens d'autant plus autorisé que c'est à l'initiative que j'ai cru bon de prendre au mois de mai 1981 (et je n'étais pas le seul !), que vous devez l'honneur d'être le premier magistrat de la République.
Au sujet des rapports que nous devons - ou non - entretenir avec le honteux régime d'apartheid qui usurpe le pouvoir en République Sud-Africaine, j'avais déjà pris la plume, mais dans le cadre de pétitions qui n'appelaient évidemment pas une réponse individuelle.
Nos appels étaient très clairs, et je commençai à croire qu'ils étaient enfin entendus le jour où votre Premier ministre apparut à la télévision, les poings serrés, rendant, durant une minute, hommage à un jeune poète pendu là-bas le matin-même. Mais la suite des événements devait, hélas, transformer nos espoirs en déception.
Je ne m'habituerai jamais à ce que, dans des questions qui mettent en jeu la morale, on introduise des notions de gros sous et d'économie, et qu'une indulgence coupable vienne s'opposer à une sévérité nécessaire. Entendez-moi bien, citoyen Président : je respecte l'économie; je ne l'oppose pas à la morale. J'apprécie qu'en France une grande institution s'appelle : Académie des Sciences Morales et Politiques, et qu'on y perfectionne depuis 1795 à la fois l'économie et la morale politiques.
Ne craignez-vous pas que, si la morale ne guide plus l'économie, l'Académie ne glisse vers une sorte d'association à but lucratif des sciences immorales et politiciennes ?
Je ne m'habituerai jamais à une science sans conscience, qui ne serait que "ruine de l'âme". Ne craignez-vous pas que votre présence dans un îlot de l'Océan pacifique, où de sales engins qui ne sont même pas de sales bombes "propres" sont expérimentés, n'apporte une caution à la pire des pollutions ? Car ces bombes, si elles n'atteignent pas les corps de pauvres marins japonais ou néo-zélandais, vont quand même polluer la conscience universelle. Je sais bien que François Mitterrand ne va pas séparer les sciences politiques des sciences physiques, car la science ne se divise pas...
Je ne m'habituerai jamais au chantage qui consiste à dire : Nous cessons d'acheter du charbon à Pieter Botha, mais nous n'en achèterons pas davantage aux mineurs de Ladrecht.
Ne pensez-vous pas que les mineurs de Ladrecht ne méritent pas d'être victimes d'une telle ségrégation ?
Certes, ils préfèrent être noirs au charbon, que blancs au chômage !
Voilà, Monsieur le Président, quelques questions que je me pose, et que je vous soumets. Une réponse m'obligerait; je m'efforcerai d'en tenir le plus grand compte.
Je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments dévoués à la République que je vous ai demandé de présider.
(Datée du 29 novembre 1985, cette lettre était restée sans réponse. Cependant, la lettre de rappel du 28/4/88 (voir page 10), suscita indirectement une réponse tardive... de la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, me demandant de lire la "Lettre aux Français" qui, paraît-il, contient toutes les réponses à nos questions. Le petit livre rose, en somme...)