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Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens

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LE SILENCE DES URNES

A - T'arrive-t-il d'avoir des conversations d'ordre politique ?

 

 

B - Peu; on dirait que les gens n'aiment pas...

 

 

A - Je pense aussi à de simples conversations avec des gens de "sensibilité de gauche" ?

 

 

B - Oui, oui, en effet; et ils sont nombreux. Sensibilité de gauche, c'est-à-dire aussi bien électeurs parfois communistes, souvent socialistes, et d'autres...

 

 

A - Et n'oublie pas les abstentionnistes !

 

 

B - Je ne te suis pas bien !

 

 

A - C'est que tu n'écoutes pas le silence des urnes. Tiens ! Appuie l'oreille contre cette urne presque vide : n'entends-tu pas la rumeur de la majorité silencieuse ?

 

 

B - Si, et j'entends même comme une rumeur "de droite"... Ou plutôt du Centre...

 

 

A - Et tu sais qu'en France, le Centre se comporte comme une droite beaucoup plus efficace que la droite officielle !

 

 

B - Chut ! J'entends maintenant comme l'écho d'une bataille... Je crois que le Centre est en train de phagocyter des imprudents isolés qui s'étaient écartés un moment de leur troupeau gauchiste, social-démocrate ou communiste...

 

 

A - Tu comprends maintenant pourquoi il faut écouter attentivement le silence des urnes?

 

 

B - Je comprends surtout que ces gens, dont beaucoup nous manifestent pourtant à leur façon un respect courtois, un peu bourru, hésitent à formuler la question qu'ils ont sur les lèvres. Tiens, voilà justement C qui vient faire son tiercé.

 

 

 

 

 

A - Salut, C, comment va, ce matin ?

 

 

C - Bien, et toi, comment ça va, Dubcek ?

 

 

A - Tu es en forme, aujourd'hui. D'habitude, tu es plus timide sur la politique !

 

 

C - C'est que, vois-tu, on a souvent peur de passer pour des ignorants devant un communiste : vous avez la réputation d'être "trop forts en politique". Et dès que vous répondez, la question qu'on vient de poser paraît inutile. Et puis on n'a pas les mêmes mots; vous, c'est la langue de bois !

 

 

B - Pose-la, ta question sur Dubcek ! Tu en meurs d'envie !

 

 

C - Non ! C'est pas de Dubcek, c'est de nous que je veux parler ce matin. Ainsi, vous êtes communistes, et en même temps vous luttez pour l'avènement du socialisme ? Et les socialistes, alors ? Eux ne disent pas qu'ils luttent pour l'avènement du communisme : ils sont plutôt contre... Ils sont logiques ! Vous, non !... Pourtant, on vous aime bien... Mais arrêtez de jouer sur les mots ! Chacun son métier, les vaches seront bien gardées ! Et que les meilleurs gagnent : c'est ça, la Démocratie ! ... Oui, je sais... je ne suis plus un bébé : j'ai été un an à l'UEC, à la Fac : vous allez me dire que c'est une façon de rappeler les perspectives :

 

 

 

 

 

"Le socialisme, PUIS le communisme..."

 

 

 

 

 

Mais quand on est dans la merde, on va au plus pressé ! Il faut être pratique. Qui peut le plus peut le moins ! Faut pas rêver : un "Tiens" vaut mieux que deux "Tu l'auras" ! Pierre qui roule n'amasse pas mousse !

 

 

... Oh ! Midi moins le quart ! Je suis à la bourre ! C'est pas Gorbatchev qui fera mon tiercé à ma place. Salut les gars !...

 

 

 

 

 

B - Mais, alors : le cul du berger sentira toujours le thym ?

 

 

A - Pas si sûr : Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse !

 

 

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