Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens
4ème lettre, de Jean à Vladimir.
Ivry, le 31 décembre 1991.
Cher Vladimir,
Tes questions et tes réflexions sur le Marché tombent à pic.
En France aussi, on nous fait "une grosse tête" avec le Marché. Et, en plus, on nous parle du Marché Commun, ou communautaire, du Marché commun agricole, etc.
Comme on a du mal à s'y retrouver, avec toutes les règlementations du marché libre qui tentent sans succès de limiter la sauvagerie des batailles que se livrent en toute liberté les géants du Marché, on a réuni notre Cellule du Parti communiste. Plusieurs avaient apporté des bouquins, ce qui est bien utile. Mais on avait surtout besoin de réfléchir, d'observer et de discuter. Il faudra certainement qu'on ait d'autres réunions là-dessus.
Dès maintenant, cher Vladimir, voici résumées nos premières réflexions : nous entendons en France, au sujet du "marché", les mêmes sornettes qui vous agacent si fort, comme tu l'écris très justement.
Nous avons pensé que le problème est mal posé. On ne parle que du marché. Mais on oublie qu'il y a toujours deux marchés, comme il y a dans un aimant un pôle Nord et un pôle Sud. Il y a le marché auquel on pense d'abord, celui où s'échangent les marchandises consommables, les services, enfin tout ce qui représente une valeur. Et il y a aussi le Marché de l'Emploi, où se négocie une marchandise particulière, la force de travail.
Dans l'organisation capitaliste, plus le 1er marché suit des règles sévères et draconiennes, plus il est appelé "libéral" par les media (j'en profite pour te demander de ne plus écrire "médias", comme le font tous ces ignorants des media). En revanche, plus le 2ème est règlementé, plus il est dénoncé comme contraignant, étatique et étouffant par ces mêmes media.
Nous en sommes là : c'est bien contradictoire ! Qu'en pense-t-on là-bas, dans vos isbas ?
Nous avons, je crois, à mener les uns et les autres des luttes très dures, et c'est en pensant à cela que je vous souhaite, à toi et à tous les tiens, une bonne année 1992.
jean