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De Jean Dupont à Ivan Popov - Ivry, le 18 septembre 2008
Cher Ivan, tu me demandais dans une précédente lettre comment j'avais réagi quand l'URSS s'est dissoute. Je pense que le mieux est de t'envoyer mon article que la revue Révolution
publiait dans son numéro 625 :
vive le communisme ! (publié dans REVO n° 625)
La mise en pratique des idées du socialisme scientifique est un travail délicat, de précision. La construction d'une société socialiste basée sur les principes du communisme est comparable à la recherche, au développement, à la mise au point, aux essais de qualification d'une machine de très haute précision, d'un "super Concorde" dont tous les passagers seraient co-pilotes et mécaniciens en vol.
Il est hors de question que les passagers ne soient pas co-pilotes et mécaniciens en vol ! Voilà pourquoi le socialisme sera autogestionnaire, ou ne sera pas.
De toutes façons, avons-nous le choix de retourner à l'âge de pierre, ou même avant ? Non ! Et nous le savons tous très bien. La pensée écologique elle-même, dans la mesure où elle n'est pas une rêverie romantique, est en prise avec les réalités technologiques du passage du capitalisme à l'après-capitalisme. Et quel nom donnerez-vous à cet après-capitalisme ?
Oui, le socialisme est une machine sophistiquée, merveilleuse, et fragile.
Ceux qui la prenaient pour une construction simple et robuste étaient des esprits simplistes. Avec leurs gros bras et leur petite tête, ils ont cassé la machine, et ils se sauvent comme des voleurs, craignant de se faire engueuler par Sade, Babeuf, Marx, et Lénine, et par leurs mères, qui pleurent de rage de les avoir si mal élevés.
Nous allons reprendre la planche à dessin, reprendre le chemin du bureau d'études et du chantier, et, patiemment, nous allons construire les sociétés socialistes, puis la société communiste dont les gens ont besoin pour continuer à vivre.
Et ce ne sont pas les aboiements des chiens du capital qui empêcheront la caravane de passer!
Relisant cela en 2008, je persiste et signe.
Nos deux garçons se remettent de leurs ennuis. Nous vous embrassons tous les quatre.