Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens
Le nouveau, c'est un feuilleton. Ce feuilleton reproduit une causerie prononcée à l'Université du Temps Libre de Vendôme le 26 avril 2001.
Le sujet : "Voyage avec Anatole France à l'Ile des Pingouins"
Je vous laisse découvrir la première page de ce feuilleton. Une quinzaine suivront.
Chers amis,
Continuons notre voyage en littérature. Naguère, Didier Lemaire nous conviait à suivre nos auteurs dans la découverte de l’autre, et ainsi de nous-mêmes. Aujourd’hui nous explorons une terre familière, et inconnue aussi, Nous voyageons en FRANCE.
« FRANCE » était en Touraine le diminutif courant de « François »
En 1839, une librairie parisienne s’appelait « Librairie politique de France-Thibault », raison sociale devenue en 44 « Librairie politique ancienne et moderne de France. » Le nom de Thibault a disparu.
Ainsi l’enfant né le 16 avril 1844 au 19 Quai Malaquais, et déclaré Anatole François Thibault sera pour toujours Anatole France.
Lorsqu’il publie l’ILE DES PINGOUINS en 1908, France a 64 ans.
16 ans avant sa disparition, l’Ile des Pingouins contient déjà l’essentiel de son testament.
« Malgré la diversité apparente des amusements qui semblent m’attirer, ma vie n’a qu’un objet. Elle est tendue tout entière vers l’accomplissement d’un grand dessein. J’écris l’histoire des Pingouins. »
Déjà en 1905, le New York Herald publiait l’histoire de saint Maël, abbé d’Yvern, évangélisant les îles du Morbihan dans une auge de pierre. Tenté par le diable, il grée cette auge. La tempête le pousse jusqu’à l’île des pingouins. Aveuglé par le sel, il les baptise.
France avait lu beaucoup d’histoires édifiantes quand il s’intéressait à Jeanne d’Arc. L’affaire Dreyfus fit là dessus l’effet d’un acide sur de la craie. Dès lors, un parfum d’anticléricalisme flotta sur son œuvre.
Mais revenons à nos pingouins : Sur la banquise scintillante de lumière, saint Maël-Anatole France vient de leur dire : « Soyez des hommes ! »
« Aussitôt les pingouins se transformèrent. Leur front s’élargit et leur tête s’arrondit en dôme, comme Sainte Marie-Rotonde dans la ville de Rome… leur bec se changea en bouche et de cette bouche sortit la parole… une âme inquiète habita leur poitrine…
Ne nous y trompons pas : nous, vendômois, en cet an de grâce 2001, sommes leurs descendants.
Écrire l’Histoire est difficile. Aussi France prend-il le parti de citer scrupuleusement ses sources :
« L’île ne gardait pas son aspect âpre d’autrefois… elle se couvrit soudain d’une herbe salée agréable aux troupeaux, de saules, de figuiers antiques et de chênes augustes. Le fait est attesté par Bède le Vénérable et plusieurs autres auteurs dignes de foi. »
Même difficulté lorsqu’il s’agit de recueillir des témoignages. Ainsi, les Anciens enquêtent sur le dragon qui terrorisait l’île :
« Ils demandèrent à tous ceux qui avaient vu le dragon durant la nuit sinistre : N’avez-vous point observé sa forme et ses habitudes ?
Et chacun répondit à son tour :
(la suite - n° 2) très prochainement.