Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens
Le 17 mars 1922 s’ouvre le premier des grands procès de Moscou. 46 social-révolutionnaires sont en accusation.
Télégramme de France aux Soviets :
« Au nom des intérêts supérieurs de l’humanité, n’exercez pas sur des adversaires politiques des actes qui pourraient être interprétés comme une vengeance. Vous porteriez ainsi un préjudice irréparable à la cause de la libération des travailleurs du monde. »
Le 10 juillet, lettre ouverte à Gorki sur le même sujet :
« Comme vous, je crois que les hommes mis en cause ont servi en leur temps la libération du peuple russe. Comme vous, je crois que leur condamnation pèserait lourdement sur la destinée de la république des Soviets. »
L’Humanité tira alors une bordée d’articles contre Anatole France.
Le journal se trouvait d’ailleurs en bonne compagnie, car le 31 mai toute l’œuvre d’Anatole France avait été mise à l’index par décret du Saint-Office…
Grande instabilité à la bourse des valeurs littéraires : le 8 novembre, à l’occasion du 5ème anniversaire de la révolution d’octobre, l’Huma publie encore un « Salut aux Soviets » signé d’Anatole France, mais en décembre, le 4ème congrès de l’Internationale Communiste à Moscou durcit le ton, réclame l’exclusion des « intellectuels amateurs » et part en guerre contre la Ligue des Droits de l’Homme !
Évidemment, France ne collabora plus aux journaux communistes.
Dans son dernier discours public, le 11 mars 1923, il fit encore l’éloge de la liberté d’examen, de la paix, d’une confédération européenne pacifique.
Le 11 novembre, dans une lettre à l’École émancipée, il apporte son soutien aux institutrices et aux instituteurs révoqués pour s’être déclarés contre l’occupation de la Ruhr. C’est là probablement le dernier acte avant de quitter la scène.
En avril, il avait écrit deux textes : son testament, rédigé le 7 puis cet article pour les États-Unis d’Europe qui se terminait ainsi :
« Vous me direz qu’alors à la guerre étrangère succédera la guerre civile. Mais il est difficile de disputer sur ce qui se passera dans un avenir dont nous sommes séparés vraisemblablement par plusieurs générations. Et puis, il ne faut pas désespérer de l’avenir de l’humanité. »
Le testament authentique de France est là :