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Du 3 février 1978, au rédacteur en chef du « Provençal »
Monsieur le Rédacteur en Chef, le 2 février, en page 3, votre journal écrit, au sujet des municipalités « communistes » (alors qu’il s’agit de municipalités d’union de la gauche) d’Aubagne et de La Penne-sur-Huveaune :
« Ils n’apportent rien de concret…ne distribuent que des vêtements (souvent usagés)…ils palabrent vainement… »
« Alors que Gaston Defferre, lui, a prévu une commission ( !!)… s’est engagé à intervenir pour des prêts à très faible taux… s’est engagé à intervenir pour des reports de paiement d’impôts »
Ça, c’est du solide ! Le Maire d’une ville de près d’un million d’habitants distribue de 450 à 1000 francs à quelques centaines de foyers ravagés par l’eau, parce qu’il a préféré faire la Corniche et le Frioul plutôt que de faire entretenir et curer l’Huveaune, dégradée et transformée en égout par les boues industrielles ! Le Provençal exagère !
Mais « Le Provençal » ment lorsqu’il écrit que « la solidarité est due uniquement à la Croix-Rouge, au Secours catholique… quant aux divers comité créés spontanément par des personnes altruistes, qu’on a l’air de vouloir opposer aux démagogues Garcin et Uras…
Je fais précisément partie de l’un de ces comités. Il comprend des jeunes communistes, des hommes et des femmes communistes, socialistes, sans parti, qui n’ont pas été demander, pour distribuer des effets souvent neufs, si les sinistrés votent socialiste ou communiste ! Et les 400 matelas NEUFS du Secours Populaire, aucun des sinistrés de la Penne-sur-Huveaune lecteurs du Provençal ne couche-t-il dessus ?… Mais ce sont sans doute des matelas « vains et fallacieux » ?
J’ai contribué, pour ma modeste part, à aider un quartier durement touché : la Cité Gardanne. Au coude à coude, les gens ont, une fois de plus, redécouvert la solidarité, la vraie, sans distinction d’opinions.
Mais il est bien vrai que les gens sont obligés de se « débrouiller » entre eux, car les « Pouvoirs Publics », ce sont des Messieurs, (assez nombreux, il est vrai) qui portent des cartables et des « attaché-case », mais pas des cartons de linge, des meubles ou des poëles…
Et la Gardanne n’est pas dans la commune d’Aubagne ou de La Penne, municipalités d’Union de la Gauche, mais à Marseille, QUI N’EST PAS DIRIGÉE par une municipalité d’Union de la Gauche.
Une telle inconscience chez un rédacteur de journal m’étonne et m’indigne. Mais en même temps, je me réjouis. Car enfin, Monsieur, encore trente-sept articles comme celui-là, et combien d’électeurs socialistes ferez-vous voter le 12 mars pour un vrai changement, pour un bon programme commun bien actualisé, pour les candidats du Parti Communiste Français ?
Beaucoup, je pense, et dans cette attente, je vous prie, Monsieur le Rédacteur en Chef, de croire à mes sentiments indéfectiblement dévoués à l’Union de la Gauche.