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Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens

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POSTFACE à "PHAETON"

POSTFACE

au

TESTAMENT DE PHAETON

 

(Cette postface sera la préface de « Planètes Ivres »)

 

La population de Phaéton elle-même n’eut jamais connaissance de ce texte. Rapporté dans les containers de l’expédition qui suivit, et à laquelle j’eus l’honneur de participer, je n’avais donc pu en faire état dans le compte-rendu du « Testament ».

 

Véritable « livre noir » de la diplomatie de l’Archipel du Crabe, il avait été transmis en 1616 aux sept cosmonautes phaétoniens de la mission « Spes », qui connurent ainsi les attendus de leur condamnation avant même qu’elle ne devînt exécutoire.

 

Il est bon qu’en ce début du troisième millénaire les Terriens puissent y réfléchir à leur tour. Plus de six milliards d’êtres humains se trouvent maintenant institués légataires universels,

mais à une seule condition : Avoir lu et approuvé le Testament et la présente postface qu’on peut considérer comme un codicille.

 

Avant d’aller plus loin, revenons sur Phaéton en l’an 1588 :

Quarante trois ans après la fin de la grande guerre qui secoua leur planète, les Phaétoniens demeuraient divisés sur la conduite à tenir pour garantir la sécurité. Le traité de paix n’était toujours pas signé, ce qui conservait aux manifestations irrédentistes des satellites de l’Archipel du Crabe un certain parfum de légitimité.

 

- I -


La classe politique mondiale était alors à la recherche d’une solution globale au plus grave problème de civilisation. Il était urgent qu’une théorie solide rassemblât sur un projet concret les thèses les plus incontestables des travaux scientifiques d’économie, de philosophie, de technologie et d’éthique des dernières décennies.

 

Les grands courants religieux avaient déjà fait leur travail. Quant à la pensée politique, qui s’était donné pour objectif le dépassement du marxisme (du nom du philosophe phaétonien Karl Marx – 1418-1483), elle n’était pas encore parvenue au même degré de perfection œcuménique , car il s’avérait que « le marxisme se dépassait lui-même plus rapidement que les doctrines chargées de le doubler » (in : Rapport au Congrès International des Clubs réuni à l’initiative de la Commission Trilatérale – Phaéton septembre 1611). La restructuration, à l’échelle de la planète, des courants antimarxistes prit du temps.

 

Cependant, en 1613, parut « Intérêt et Principal », de J. Attila. Ce livre allait rapidement devenir la nouvelle (et dernière !) Bible.

 

Issu en 1560 d’une famille de modestes employés au ministère des Finances, J. Attila avait d’abord étudié le Droit. Mais, entré à l’ENA de justesse, ses professeurs n’avaient pas apprécié son look politique un peu rétro.

Il tâta du journalisme, ce qui l’amena à parcourir la planète Phaéton en tous sens, pour rendre compte des soubresauts du Tiers-Monde, qui s’efforçait alors de briser le carcan de la Dette et du F.M.I.

 

- II -


Il côtoya la faune des petits et grands truands occupés, sous couvert de journalisme, à arrondir leurs fins de mois par le trafic des armes, des drogues et des femmes. Dans toute cette période, il ne publia, en dehors de ses articles, que peu de choses ; notons toutefois ses préfaces au livre de J.-B. Bokassa « Au bout de la corde », et à celui de Duvallier « Le couteau sale ». Parvenu à l’âge de quarante ans, ayant perdu toutes ses illusions de jeunesse et une bonne partie de ses cheveux, il rentra au pays et adhéra au Parti Socialiste I.D.S. (sigle phaétonien pour : Initiatives pour une Démocratie Socialiste).

Conseiller personnel de tous les Présidents de la Trilatérale sans interruption de 1600 à 1613, il livra enfin, dans son livre, l’expérience de sa vie, écrivant en exergue :

 

« Si le Principal est d’un grand intérêt,

l’Intérêt demeure le principal. »

 

Lorsque Rosenberg rédige les thèses qui annoncent la Solution Finale de la Question Juive, son œuvre demeure velléitaire et insuffisante. Elle porte la marque de cette civilisation judéo-chrétienne dont les nazis eux-mêmes, qui prétendaient cependant la combattre, ne sauront jamais se libérer totalement.

La philosophie du phaétonien Attila constitue, avant la lettre, une géniale généralisation : Il ne s’agissait plus pour lui, dans l’élaboration de son éthique politique, de déclarer, chacun de son côté, qu’ « il faut vivre dangereusement », tout en se ménageant de petits refuges douillets. Une logique inexorable le conduisit au-delà de ces hésitations mesquines, hypocrites, et pour tout dire, petite-bourgeoises.

 

- III -


La Solution, pour J. Attila, ce n’était pas le commencement de la fin, mais la fin de tout espoir de recommencement…

 

On sait que la mise en pratique de sa doctrine devait en effet rétablir la tranquillité dont le cosmos avait – selon lui – besoin pour aller vers son destin.

 

 

Quatre siècles plus tard,

notre Terre peut-elle

trouver une

solution finale optimiste ?

 

Le « Testament » que vous

venez de lire répond,

sans ambiguïté :

 

OUI

 

- IV -

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