Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens
Fin juillet 44 : le courrier mensuel, une carte de maman, du camp de concentration de Ravensbrück : 16 lignes au crayon, en allemand. Je recopie une phrase :
"Le travail est-il intéressant chez Monsieur Mortier?"
Gérard Mortier dirigeait l'usine G M, devenue par la suite l'AMA. L'usine fabriquait des équipements pour les avions de guerre allemands. Monsieur Mortier disait bien connaître de hauts dignitaires nazis comme l'ambassadeur d'Hitler à Paris, Otto Abetz.
- "J'ai le bras long… on va sortir notre chère Madame Chollet des griffes de la Gestapo" disait-il à son mari quatorze mois plus tôt, alors qu'elle était encore en
prison sur territoire français… Mais sans doute les amis de Monsieur Mortier avaient-ils des frais pour leurs interventions : c'est ainsi que les économies réalisées par un couple de jeunes
enseignants en poste au Liban entre 1920 et 1923 se volatilisèrent…Les établissements "GM" embauchèrent des jeunes vendômois en âge de partir au "Service du Travbail Obligatoire" en Allemagne, ce
qui valut à Monsieur GM une certaine popularité
Pour comprendre la question : "le travail est-il intéressant chez Monsieur Mortier?", il faut rappeler que 14 mois plus tôt, tentant désespérément de négocier avec G.M., le mari d'Yvonne, directeur des Cours professionnels municipaux de Vendôme, (et, à ce titre, en rapport avec tous les industriels locaux), avait conduit son fils en visite dans l'usine GM, lui demandant si ce travail lui plairait.
La réponse fut un "non" net et définitif.
Si Yvonne Chollet avait été informée des contacts avec Mortier,
elle ignora par contre le NON de son fils.