Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens
lettre à François Mitterrand, Président de
Monsieur le Président de la République,
C'est en ma qualité de citoyen français que je prends la liberté de m'adresser directement au citoyen François Mitterrand.
Je m'y sens d'autant plus autorisé que c'est à l'initiative que j'ai cru bon de prendre au mois de mai 1981 (et je n'étais pas le seul !), que vous devez l'honneur d'être le premier magistrat de la République.
Au sujet des rapports que nous devons - ou non - entretenir avec le honteux régime d'apartheid qui usurpe le pouvoir en République Sud-Africaine, j'avais déjà pris la plume, mais dans le cadre de pétitions qui n'appelaient évidemment pas une réponse individuelle.
Nos appels étaient très clairs, et je commençai à croire qu'ils étaient enfin entendus le jour où votre Premier ministre apparut à la télévision, les poings serrés, rendant, durant une minute, hommage à un jeune poète pendu là-bas le matin-même. Mais la suite des événements devait, hélas, transformer nos espoirs en déception.
Je ne m'habituerai jamais à ce que, dans des questions qui mettent en jeu la morale, on introduise des notions de gros sous et d'économie, et qu'une indulgence coupable vienne s'opposer à une sévérité nécessaire. Entendez-moi bien, citoyen Président : je respecte l'économie; je ne l'oppose pas à
Ne craignez-vous pas que, si la morale ne guide plus l'économie, l'Académie ne glisse vers une sorte d'association à but lucratif des sciences immorales et politiciennes ?
Je ne m'habituerai jamais à une science sans conscience, qui ne serait que "ruine de l'âme". Ne craignez-vous pas que votre présence dans un îlot de l'Océan pacifique, où de sales engins qui ne sont même pas de sales bombes "propres" sont expérimentés, n'apporte une caution à la pire des pollutions ? Car ces bombes, si elles n'atteignent pas les corps de pauvres marins japonais ou néo-zélandais, vont quand même polluer la conscience universelle. Je sais bien que François Mitterrand ne va pas séparer les sciences politiques des sciences physiques, car la science ne se divise pas...
Je ne m'habituerai jamais au chantage qui consiste à dire : Nous cessons d'acheter du charbon à Pieter Botha, mais nous n'en achèterons pas davantage aux mineurs de Ladrecht.
Ne pensez-vous pas que les mineurs de Ladrecht ne méritent pas d'être victimes d'une telle ségrégation ?
Certes, ils préfèrent être noirs au charbon, que blancs au chômage !
Voilà, Monsieur le Président, quelques questions que je me pose, et que je vous soumets. Une réponse m'obligerait; je m'efforcerai d'en tenir le plus grand compte.
Je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments dévoués à la République que je vous ai demandé de présider.
(Datée du 29 novembre 1985, cette lettre était restée sans réponse. Cependant, la lettre de rappel du 28/4/88 , suscita indirectement une réponse tardive... de la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, me demandant de lire