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Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens

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LA GUERRE 35-45

La nature de ce conflit mondial a évolué au cours de ces onze années. Les formations fascistes au pouvoir en Espagne, Italie, Allemagne, d’une part ; les grandes « démocraties » d’autre part, où le pouvoir tenait provisoirement en laisse les formations fascistes. Les deux groupes de nations se surveillaient et s’observaient, les démocraties « contenaient » les fascistes, mais étaient dans le même temps engagées dans une concurrence sauvage pour assurer discrètement le financement de leurs entreprises criminelles (on connaît – partiellement hélas – le rôle d’un grand’père Busch et de dirigeants de la banque Morgan…) Dans ce contexte, sur le plan économique, la liquidation en France du Front Populaire et celle du New Deal aux USA donnaient le ton. Sur le plan politique, ce fut la mise en place d’une diplomatie scabreuse, les discussions truquées sur Dantzig et la Pologne, le rééquilibrage des forces qui entraîna le pacte de « non-agression » Hitler-Staline. En France, cela se traduit par la « drôle de guerre » 39-40, guerre menée en priorité contre la gauche et particulièrement le PCF.

La situation était donc à la fois complexe et très claire en France : recherche de l’unité du Front populaire, ce qui impliquait la liquidation du sectarisme et en même temps la lutte contre l’opportunisme. Lors de l’ouverture du F.P. aux radicaux, Thorez dit : « Le choix n’est pas entre fascisme et socialisme, mais entre fascisme et démocratie ». Et le matin même du meeting de Nantes le 24 octobre 34, à Togliatti, Fried et Gottwald venus le mettre en garde, Thorez répondit fermement « non ».

On peut donc comprendre pourquoi le séjour de Thorez en URSS de 40 à 45 ressembla fort à une assignation à résidence très surveillée, dont quelques très rares échos furent perceptibles, sous le prétexte de la nécessaire sécurité (sécurité qui fit si gravement défaut au camarade Trotski…)

À peine s’il fut fait, par la suite, mention de la participation de Maurice à l’importante réunion de l’Internationale où fut décidée sa dissolution, et les textes de cette réunion demeurèrent assez longtemps inconnus des communistes français.

Ce silence pesant ne fut rompu qu’au retour de Maurice Thorez à Paris, où arrivait aussi Marcel Paul, retour de Buchenwald. De Gaulle ne les accueillit pas tout de suite en leur remettant en mains propres leurs maroquins de ministre d’État et de ministre de la production industrielle.

Mais si le silence était rompu, il fut remplacé par les clameurs de joie de la libération, les chansons, la liesse populaire, et les rugissements des engins édifiant les barrages hydroélectriques.

C’est ce qui explique que lorsque Maurice Thorez accorda au journal anglais Times cette interview qui constituait en fait le compte rendu de la réunion de Moscou où avait été décidée la dissolution de l’I.C., la grande majorité des Français, et aussi des communistes, n’y prêta pas garde, et crut qu’il s’agissait d’une habileté tactique pour rassurer certains dirigeants réformistes.

Les chansons ont toujours un côté « document historique », et si l’on continuait à chanter tous ensemble « L’internationale sera le genre humain », c’était bien la preuve que l’internationale était toujours là ! Ce n’était donc pas une erreur absolue, car ce qui est toujours là, c’est la mondialisation de la lutte contre le capitalisme.

 

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