Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens
du 12 pluviôse, an 195. - Au maire de Marseille.
Salut et Fraternité !
Citoyen,
Je vous remercie des voeux que vous m'adressez : le Bonheur, la Santé, la Paix, le Plein Emploi, sont en effet des biens précieux, qui ne devraient même plus faire l'objet d'une négociation, dans une Démocratie avancée.
Je forme donc, à votre adresse, les mêmes voeux. Et, puisque vous m'offrez de recourir à mes suggestions, j'en ajouterai trois :
Liberté, Egalité, Fraternité. *
Je crois que si, par nos pensées, nos paroles et nos actes, nous ne tendons pas en permanence à la réalisation de ces voeux bicentenaires, le bonheur, dont Saint Just disait qu'il est une idée neuve, et la santé, qui ne connaît son accomplissement que dans un travail paci-fique, ne seraient que des mirages inaccessibles.
Exiger la Liberté, l'Egalité et la Fraternité, n'est que Justice, en ces temps où des "théories" condamnées par toute notre histoire nient ces droits élémentaires de tout être humain et, dans leur logique implacable, conduisent jusqu'au meurtre.
Solidarité avec ceux auxquels on conteste le droit à la vie, oui, mais rigueur contre ceux qui se sont mis hors la loi. Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! - disaient ceux de 89.
Les Marseillais n'auront la liberté que dans un monde lui-même libéré de l'Argent, une France dans laquelle, comme disait Anatole France, "les citoyens ne contribueront plus, par leur misère privée, à la prospérité publique."
Les Marseillais n'auront la paix que dans une France participant aux efforts de désarme-ment, allant au-devant et anticipant même sur les propositions actuelles, au lieu de chipoter, d'être à la traîne, et de couver ses bombes à neutrons comme Harpagon sa cassette...
Les Marseillais n'auront la justice que lorsque, mettant toutes ses forces dans la balance, la France reconstruira ses usines et ses écoles techniques - au lieu de les détruire comme c'est le cas maintenant, à quelques exceptions près ! Le port de Marseille n'a que faire de grues métaphysiques chargeant des vaisseaux fantômes !
Et quelle "MARSEILLAISE" pourraient bien chanter nos contingents arrivant dans leurs cantonnements de la "brigade franco-allemande" ?
Voilà, Citoyen, les voeux que je forme pour nous tous, et qui me semblent de nature à sauvegarder l'unité nationale, sans pour cela entraver le développement d'une lutte des classes plus nécessaire et plus légitime que jamais.
* en lan 196, le Maire fit poser à la porte de toutes les maternelles de belles pancartes émaillées portant ces mots : liberté, égalité, fraternité