Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens
Toute la journée, la télévision avait diffusé les informations depuis le pont du porte-avions CLEMENCEAU.
Que de technologie, que de fric ! Enfin, un secteur qui marche, pas de licenciements, pas de chômage, pas de casse : au contraire, on entretient, et même on répare et on modernise. Des millions d'heures de travail. C'est chouette et ça brille !
L'amiral (qui commande même plusieurs bateaux à la fois), il est content, il est fier.
Il peut être fier, car il a deux mille hommes à bord qui sont des gens courageux.
- Courageux ? Pourquoi ? Y a pas la guerre !
- On en a interviewé une bonne demi-douzaine. Ils savaient que l'amiral les voyait sur les écrans de contrôle. Eh bien, pas un ne s'est dégonflé : tous ont crié leur orgueil de servir sur une si belle unité, leur plaisir de ne jamais voir la mer, l'avantage d'être confiné dans deux mètres carrés, le sentiment d'être des privilégiés protégés de l'air du large, la joie d'être libérés des soucis d'une formation technique complexe, de n'avoir qu'à accrocher et à décrocher des chaînes, six heures par quart, leur exaltation devant des chiottes inlassablement briquées, sans distinction du grade de l'utilisateur sortant, leur immense reconnaissance enfin à la mer patrie qui leur dispense le plus sain des loisirs : dormir... DORMIR...
Seule note discordante : un gradé a évoqué l'absence de femmes... Mais il faut dire qu'avec deux mètres carrés...
Je pensais à ces pauvres américains qui, sur les porte-avions de
Tandis que sur les galères du Roy !...
Ce soir, j'aime la marine,
... POTIEMKINE !