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Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens

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FEUILLETON N° 8 ET DERNIER

- Et toi, quand tu louches, tu vois double ? - demanda le fils.

 

- Oui ! répondit J-M P. Je dédouble : pour bien voir, il faut voir double.

 

- Je vois, maintenant, reprit le fils : tu te recomposes alors un seul personnage avec le Bonaparte de ta rétine gauche et le Napoléon de ta rétine droite...

 

- Et ton cerveau, petit, dit O.D., ton cerveau, eh bien, il est alors en mesure d'appré-hender dans tout son relief la personnalité globale de Buonapoléonarte.

 

- La mouche, - proclama sentencieusement J-M D. - , la mouche aussi voit très bien. Mais la mouche ne louche jamais : sinon, elle devient folle !...

 

 

Quelle heure était-il ? Minuit, une heure ? Le fils quitta nocturnement le bar et regagna sa chambre en vol musculaire. Il devait pour cela atteindre la fenêtre restée ouverte au vingt-sixième étage, à l'angle des faces sud et ouest de la grande tour.

 

Les mouvements de ses bras repliés lui permettaient de vaincre la pesanteur, ses coudes s'appuyant sur un air lourd, résistant, à la fois épais et élastique.

 

Le plus dur était d'éviter les nappes de fils téléphoniques qui s'entrecroisaient à diffé-rentes altitudes. On ne les voyait, dans la pénombre, qu'en arrivant dessus; et toujours cette crainte angoissante que des lignes de transport de force sous des voltages élevés n'y soient mêlées ! Ca faisait pourtant longtemps que le téléphone n'était plus aérien en ville. Mais ils avaient laissé ça à cause des arbres : la récupération ne payait pas le travail.

 

Cet exercice, auquel il se livrait chaque nuit, faisait partie d'une hygiène physique et mentale qui lui permettait d'aborder le sommeil dans les meilleures conditions. Il redescendait ensuite chez lui, par un dédale familier d'ascenseurs, de paliers et de corridors.

 

 

Dans le hall d'accueil du dix-septième étage, un écran de télé restait silencieusement allumé, où deux types, accoudés à un bar, continuaient à triloguer avec un troisième tabouret vide...Il éteignit ce gadget dérisoire, et quelques instants plus tard, se réincorpora, - si je puis user d'un tel archéologisme -, au dormeur du premier étage.

 

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