Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens
Beaucoup d'hommes politiques, depuis les dirigeants du PSU jusqu'aux ministres gaul-listes et aux responsables des comités "d'action civique", ont doctement insisté sur cette merveilleuse conjonction des luttes étudiantes qui, de Mexico à Prague et Varsovie, de Madrid à Oslo, de Paris à Berlin, du Sénégal aux USA, n'épargnèrent ni les pays en voie de de développement, ni la hig society, ni le capitalisme, ni le socialisme. Nous sommes conviés à admirer l'universalité, le caractère quasi-cosmique de cette contestation étudiante, et en même temps que son anarchisme foncier, sa spontanéité face aux "appareils sclérosés", etc. On semble oublier d'abord qu'une situation s'analyse en termes de classe, et que le mouvement estudiantin qui, dans les pays socialistes, traduit l'impatience légitime d'une jeunesse désireuse d'assumer toutes ses responsabilités, ressort davantage d'une crise d'adolescence que de la crise de sénescence qui secoue le capital.
Et puis, tant de spontanéité équipée de tronçonneuses à moteurs et de bouteilles d'acide, parfois encadrée par des "katangais" ou autres intellectuels de brousse, nous semble suspecte. Ne trouvez-vous pas qu'on est trop discrets sur les activités de certaines polices, sur les relations, les finances, les déplacements de certains amis de M. Missoffe et autres Cohn-Bendit (qu'on jette maintenant comme un citron pressé) ? (*)
Non, la classe ouvrière, ses organisations, son Parti, n'ont pas pris le train en marche. Le pouvoir des grands monopoles a simplement tenté de le faire partir trop tôt, dans le but de provoquer une catastrophe. Mais, joint au fleuve ouvrier, ce courant est assuré de ne point se perdre dans les sables arides de la "cogestion" et de la "participation" : le sang-froid ouvrier a déçu cet espoir insensé du grand capital.
II - Des enseignants peuvent et doivent comprendre ces choses parce qu'ils sont des enseignants. Mais cela ne suffit pas : il faut en tirer les conséquences. Considérer que Mai ne nous a créé que des droits sans obligations nous rendrait logiquement complices du Pouvoir.
Dès Juin, ce pouvoir proclama cyniquement, espérant paralyser et décourager : "Je vous reprendrai ce que vous croyez avoir obtenu, et au-delà !" De Gaulle spécule sur l'ignorance en économie politique entretenue par l'enseignement actuel et sur son don de fascination. Il imaginait la foule apportant en offrande au Veau d'Or ses 13,5 %, ses diminutions d'horaires, ses libertés syndicales... Mais l'effritement temporaire des alliances de la classe ouvrière n'a pas entamé son réflexe de classe. Les pleurnicheries petites bourgeoises de certains, qui s'étonnent qu'on puisse recevoir des coups au cours d'un combat, n'ont pas impressionné la masse des travailleurs.
Les salariés, qu'ils soient au service de l'Etat-soutien-des-monopoles ou au service des Monopoles-soutiens-de-l'Etat, ont un rempart : leur organisation de lutte syndicale, et aussi - mais oui ! - leur Parti communiste, dont certains peuvent, - et c'est leur droit - contester certaines options ou certaines méthodes, mais qu'il faudrait inventer s'il n'existait pas !
(*) Ce type est devenu maire de Francfort !
(la suite très prochainement)