Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens
(décembre 78, le journal "Perspectives" du PCF à l'ENNA de Villeurbanne
contient cette interview que je dédie à Jean-Paul Jouary)
le parfum discret de la répression
Ceci n'est pas écrit pour faire peur,mais au contraire pour rejeter la peur et le fatalisme. Cependant la répression politique existe, et la cellule "Makarenko" du PCF à L'ENNA a jugé utile de verser au dossier l'interview recueillie auprès d'un collègue, victime de la répression, qui a accepté de répondre à quelques questions.
La cellule Makarenko - On parle de répression; est-ce un article de propagande ou une réalité ?
J.C. - Enseignants ou parents - et vous êtes souvent les deux à la fois - relisez les motions de vos syndicats, de vos associations : quel congrès n'a pas tenu à s'élever contre la répression ? Mais ces résolutions se heurtent encore souvent à une idée reçue : le fonctionnaire victime de la répression est un cas ISOLE; et, de toutes façons, il ne peut être qu'en position d'ASSISTE. Or, cette façon de voir procède d'une analyse superficielle de la répression; elle ne favorise pas l'organisation de la lutte de masse nécessaire.
La cellule - Peux-tu préciser : veux-tu dire par là que les gens ne croient pas à la réalité ni à la gravité de la répression ?
J.C. - Au fond, c'est comme pour un accident de la route : d'abord, "ça n'arrive qu'aux autres". Et puis, en cherchant bien, le (ou la) collègue A BIEN DU commettre quelque faute professionnelle, manquer de vigilance... Cette réaction s'apparente à celle de l'ancien combattant de deux ou trois guerres : des quantités de plus jeunes sont tombés autour de lui, mais il a tiré sa peau de l'opération parce qu'il a bien assimilé les recommandations contenues dans le "manuel du sous-officier" ! C'est du moins ce qu'il pense...
La cellule - Mais cette réaction n'est tout de même pas dénuée de fondement. Alors, ne risque-t-on pas de voir le débat faussé au départ ?
J.C. - C'est vrai ! D'autant plus que les exemples ne manquent pas (et fort heureusement) de militants connus et efficaces qui arrivent sans accroc à la fin de leur carrière. Mais...Tiens ! Prends le cas de l'école où nous vivons; lequel d'entre nous n'a pas entendu DIX fois, dans les conversations où les collègues se retrouvent ou se présentent en début d'année, la confession suivante : "... et l'Inspecteur est venu me dire : Monsieur X..., vous devez réussir; il faut tenter votre chance au concours, le succès vous attend. Mais bien entendu, dans votre intérêt, oubliez pour un temps votre action militante... Alors, ici, je ferme ma g..."
(vous lisez ici un article paru en 1978 dans le journal de la cellule "Makarenko". Je l'ai coupé en 3 parties. La 2ème demain)