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Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens

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CONQUETE DE L'ALGERIE

Pourquoi la conquête de l’Algérie ?

 

 

Il y a les causes, et il y a les prétextes.

 

 

1° De 1793 à 1800, la France a été ravitaillée en blé par l’Algérie. Deux négociants, Bacri et Busnach, qui s’occupent du commerce extérieur de l’Algérie, ont fourni pour 25 millions de francs-or de blé.

2° Lorsque le trésor fut vide, sous le Directoire, le dey d’Alger consentit à la France les emprunts nécessaires pour acheter ce blé. Il prêtait cet argent sans intérêt. La France ne payant point, le dey continua ses livraisons.

3° En 1815, la paix étant établie pour la France, le dey et les négociants réclament leur dû. Une commission française, réunie en 1819, réduit les factures de 25 à 7 millions. Le dey accepte. Sous prétexte d’oppositions faites par les créanciers de Bacri, les tribunaux français, en 1827, n’ont pas encore statué sur la validité des oppositions. Le dey n’est pas remboursé du million qu’il prêta sans intérêt trente et un ans plus tôt.

4° Le consul de France à Alger, Deval, est un prévaricateur. En octobre 1826, le dey Hussein écrit au ministre des Affaires étrangères : « Je ne puis souffrir cet intrigant chez moi. J’ai appris par ledit Bacri qu’il a fallu promettre à Monsieur votre consul  Deval et à M. Pléville une somme de 2 millions pour lui avoir fait obtenir les 7 millions.

Par ailleurs, la France avait promis, par l’intermédiaire du consul Deval, de ne pas fortifier l’entrepôt commercial de « La Calle », à 500 Kilomètres d’Alger, que le dey lui avait concédé. Or, la France avait transformé La Calle en place-forte, violant la parole donnée.

5° Le dey d’Alger demanda à Deval des explications. Deval, insolemment, les refusa. L’ayant convaincu de mauvaise foi, le dey frappa le consul de son chasse-mouches, le 30 avril 1827.

Le 14 juin 1830, les troupes françaises débarquent à Sidi Ferruch et le 56 juillet 1830 prennent Alger pour « venger le coup d’éventail » !

 

 La conquête

 De 1830 à 1871, la bourgeoisie française, sous cinq régimes différents, poursuit la conquête de ce territoire de 5 millions d’habitants. Ce furent quarante années de massacres et de spoliations.

L’expression française officielle est parfois un peu contradictoire :

 Le Général DE BOURMONT, 5 juillet 1830 :

« La liberté des habitants de toutes les classes, leur religion, leurs propriétés, leurs industries ne recevront aucune atteinte… Le général en chef en prend l’engagement sur l’honneur. »

 

Le Maréchal BUGEAUD, Discours à la Chambre le 14 mai 1840 :

« Il faut des colons. Il faut qu’une ordonnance royale leur promette des terres dans la meilleure situation, à Tlemcen, à Mascara.

« Partout où il y aura de bonnes eaux et des terres fertiles, c’est là qu’il faut placer les colons, sans s’informer à qui appartiennent les terres ; il faut les leur distribuer en toute propriété.

« En outre, l’ordonnance royale leur assurerait des armes et des munitions pour se défendre. »

Ordonnance du 1er octobre 1844 :

« Toute terre non cultivée sur laquelle un droit de propriété ne pourra être prouvé fera partie du domaine public. »

Or, les tribus n’ont pas de titres de propriété, et leurs terres servaient pour la plupart, de parcours pour l’élevage. Conséquence : pour la région d’Alger, sur 111.000 hectares recensés, 78.000 furent déclarés appartenir au domaine public.

L’année suivante, tout le littoral d’Alger à Oran était en insurrection.

La colonisation continue :

Ø      Ordonnance de 1851 : les tribus sont « cantonnées » dans une partie de leurs terres. Le reste est confisqué : 60.000 hectares furent ainsi confisqués

Ø      Sénatus-consulte de 1863 : les terres des tribus sont délimitées. Les meilleures terres sont déclarées « domaine public » (Larcher, Législation algérienne tome III, p. 95)

Ø      Dès 1900, en vertu du Sénatus-consulte de 1863, 2.250.560 hectares ont été classés comme domaine de l’État, rien que dans le Tell.

 

 

Propriétés individuelles :

Ø      L’expropriation : 1° n’est pas prononcée par jugement d’un tribunal, mais par décision administrative ; 2° n’est pas prononcée pour cause d’utilité publique, mais privée (réf. Larcher, Traité de Législation algérienne, tome III, p. 441)

Ø      Le séquestre : toute tribu se révoltant peut avoir ses terres séquestrées. Exemple, après l’insurrection de 1871, en Kabylie, 2.639.000 hectares furent séquestrés d’un seul coup.

 

 

Biens religieux

Exemple : comment la mosquée de Ketchaoua à Alger, aujourd’hui cathédrale d’Alger, fut enlevée le 18 décembre 1832 :

« Le général en chef fit se réunir les commissaires français, leur enjoignant de demander au clergé musulman la mosquée de la rue du Divan. Nouvel émoi des indigènes, parmi lesquels s’ourdissent des conspirations…

« Les Maures Ben Derba et Ben Ouizza viennent, le soir du 8 décembre, avertir l’un des interprètes que 10.000 arabes ont juré de mourir sous la coupole de Ketchaoua plutôt que de consentir à sa prise par les chrétiens.

« Avisé, le général en chef fait, le 17, doubler les postes et inviter les deux muphtis à remettre les clefs de la mosquée. Il fait publier un ordre relatif à l’occupation du temple et se terminant ainsi :

Ø      La croix et l’étendard de la France seront fixés au minaret et salués par les batteries de terre et de mer. »

« Le 18 décembre à midi, une compagnie du 4ème de ligne s’installe rue du Vinaigre (actuellement rue Salluste). Une demi-batterie de campagne prend position sur la place du Soudan. Il y a 4.000 musulmans barricadés dans l’intérieur de la mosquée. Une escouade de sapeurs du génie s’approche pour attaquer la porte à coups de hache… La troupe refoule à la baïonnette les indigènes dans l’intérieur de la mosquée. Plusieurs Arabes gisent, étouffés ou blessés… Toute la nuit, le temple fut occupé par une compagnie d’infanterie. Ainsi s’accomplit la prise de possession de Ketchaoua. »

(Kleim, spécialiste de l’histoire du Vieil Alger, dans la « Dépêche Algérienne » du 16 octobre 1928)

Remarquons toutefois que, sur cette affaire de la mosquée de Ketchaoua, la Commission gouvernementale d’enquête publia un rapport qui est un aveu tardif, en 1883, un demi siècle après.

Extrait du rapport :

« Nous avons réuni au domaine les biens des fondations pieuses, nous avons séquestré ceux d’une classe d’habitants que nous avions promis de respecter…

… nous nous sommes emparés des propriétés privées sans indemnité aucune et, de plus, nous avons été jusqu’à contraindre des propriétaires, expropriés de cette manière, à payer les frais de démolition de leurs maisons et même d’une mosquée.

" Nous avons profané les temples, les tombeaux, l’intérieur des maisons, asile sacré chez les musulmans.

 « Nous avons massacré des gens porteurs de sauf-conduits, égorgé sur un soupçon des populations entières qui se sont ensuite trouvées innocentes ;

 "Nous avons mis en jugement des hommes réputés saints dans le pays, des hommes vénérés, parce qu’ils avaient assez de courage pour venir s’exposer à nos fureurs, afin d’intercéder en faveur de leurs malheureux compatriotes ; il s’est trouvé des hommes pour les condamner et des hommes civilisés pour les faire exécuter. »

  

 

Nous pensons que le rapport de la Commission gouvernementale d’enquête peut servir de conclusion à ces quelques notes.

==========

  

 

Sources :

 ·   Journal Officiel.

             ·   Presse algérienne.

             ·   Editions « Les Dossiers Pédagogiques – Paris »

 

 Ces textes, rassemblés par Jean Chollet,

 ont été transmis en 2002 à Pierre-Alban Thomas,

 qui put en faire état lors de son intervention aux

 « rendez-vous de l’Histoire »

 à la Halle aux Grains de Blois

 

 

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