Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens
Au musée de la Résistance et de la Déportation, devant les photos et les documents relatant des actes de barbarie insupportables, la visiteuse ne peut contenir son indignation : « Comment est-ce possible ? Comment ont-ils pu en venir à ce point ? »
Qui n’a pas ces interrogations ? Qui ne partage pas ces sentiments de rejet du nationalisme et de la xénophobie exacerbés ? Mais il faut aller plus loin. Notre réflexion, née dans le musée, doit se poursuivre dans la vie quotidienne. Pour ma part, je me pose la question : Est-il possible de condamner la barbarie nazie sans faire l’effort d’en étudier la naissance et la croissance, sans reconnaître les origines historiques concrètes de la gangrène ?
Dix fois par jour, on peut entendre régulièrement la rengaine contre « les Manouches », qui sont voleurs, menteurs, sales, bruyants, paresseux, et à qui cependant on octroie des aides, des secours, et de grasses subventions pour l’achat de voitures, voire de maisons !
Comment est-il possible que, vivant en France en 2005, je ne réagisse pas immédiatement, et que je ne remplisse pas cet élémentaire devoir civique ? Puis-je me rendre coupable de non-assistance à personnes en danger ?
Puis-je, pouvons-nous à la fois critiquer les Allemands qui, dans les années trente, n’auraient pas réussi à s’opposer ensemble à la montée de la marée brune, et, dans le même temps, continuer à entendre débiter des imbécillités racistes sans réagir ?