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Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens

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L'île des Pingouins (feuilleton n° 6)

France est un pacifiste; mais pas un pacifiste bêlant. Il sait qu’à côté des pacifistes, les partisans de la guerre n’ont pas désarmé – pardonnez-moi cette désarmante tautologie. Dans l’Histoire, France accorde une égale et vigilante attention aux thèses pacifistes et bellicistes. En bon pédagogue, il montre la filiation et la permanence des grandes options philosophiques en histoire. Ainsi, dans sa conférence en Argentine, déjà citée, revient-il sur les plans guerriers de Picrochole, avec l’entretien de Pyrrhus et de Cinéas rapporté par Plutarque.

 

Considérant que le sujet est central, France n’hésite pas à nous lire une troisième version, celle de Boileau dans une épître au Roi, dont les vers sont moins poétiques que la prose de Rabelais, et que pour cela je ne vous infligerai pas.

 

Encore un bond en avant dans le temps, et abordons le chapitre intitulé : « les temps modernes »

 

Ce qu’il y a de bien dans ce bouquin d’histoire de France – pardonnez-moi – dans ce bouquin d’histoire des Pingouins – je vous demande encore pardon – dans ce bouquin d’histoire d’Anatole France, c’est qu’aucun événement n’est daté. Le lecteur vendômois doit se débrouiller pour reconstruire lui-même la chronologie.

 

Une crise grave menace l’existence du régime :

 

« Cependant la république gardait ses partisans et ses défenseurs. S’il ne lui était pas permis de croire à la fidélité de ses fonctionnaires, elle pouvait compter sur le dévouement des ouvriers manuels, dont elle n’avait pas soulagé la misère et qui, pour la défendre aux jours de péril, sortaient en foule des carrières et des ergastules et défilaient longuement, hâves, noirs, sinistres. Ils seraient tous morts pour elle : elle leur avait donné l’espérance. »

 

La droite, comme on dit chez les pingouins depuis 1790, estime le moment favorable à une restauration. Deux religieux, les révérends pères Agaric et Cornemuse, sont l’âme d’un complot ambitieux : il s’agit de rappeler le Prince Crucho, dernier descendant de la dynastie des Draconides, exilé en Marsouinie (lisez l’Angleterre), et de l’installer sur le trône qu’on lui prépare en secret.

« … Le peuple, dit le père Agaric, est las du gouvernement. Chaque jour éclatent de nouveaux scandales. La république se noie dans la honte... »

Le père Cornemuse, qui distille la célèbre liqueur de Sainte Orberose, est réticent, mais il fournira, par solidarité entre prêtres, l’argent nécessaire… Agaric se rend clandestinement en Marsouinie pour informer le prince Crucho de l’existence du complot et conclut :

 

« Pour prix de nos efforts, nous vous demandons seulement, monseigneur, de ne point les rendre inutiles. Nous vous supplions de venir vous asseoir sur un trône que nous aurons préparé. » Le prince répondit simplement : « J’entrerai dans Alca sur un cheval vert. »

 

Alca est la capitale de l’île des pingouins remorquée par Saint Maël de la mer arctique en Bretagne. Quant au cheval vert, c’est une allusion au cheval blanc qui avait été préparé pour le prétendant, lorsque, sous le président Mac Mahon, en octobre 1873, on crut probable une restauration. L’entrée du roi était préparée. Au dernier moment c’est la question du drapeau blanc qui fit échouer le projet.

 

Est-ce là une autre histoire ? Non, c’est bien la même.

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