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Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens

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L'île des Pingouins (feuilleton n°7)

Mais voici un personnage brillant, étoile filante de la politique pingouine : l’émiral Chatillon, un brave militaire dévoué à la république, quoique pas politique pour deux sous :

« L’émiral n’appartenait pas à la noblesse ; enfant du peuple, le peuple l’aimait ; et il était flatté de voir couvert d’honneurs un homme sorti de lui. Chatillon était beau ; il était heureux ; il ne pensait à rien. Rien n’altérait la limpidité de son regard. »

 

Le révérend père Agaric pensant qu’on ne détruirait le régime actuel que par un de ses défenseurs jeta ses vues sur l’émiral Chatillon. Il alla demander une grosse somme d’argent à son ami le révérend père Cornemuse, qui la lui remit en soupirant. Et, de cet argent, il paya six cents garçons bouchers d’Alca pour courir derrière le cheval de Chatillon en criant : « Vive l’émiral ! » Chatillon ne pouvait plus désormais faire un pas sans être acclamé.

La vicomtesse Olive lui demanda un entretien secret. Chers amis vendômois, je ne voudrais pas commettre une indiscrétion publique : Vous lirez donc, chacun chez soi, le compte-rendu de cet entretien. A la rigueur, je puis vous confier que sous les noms de l’émiral Chatillon et de la vicomtesse Olive, il convient de reconnaître le général Boulanger et la duchesse d’Uzès. Cette dernière, qui meurt en 1922 n’a que 41 ans lorsque le général Boulanger, enfin séduit par ses arguments convaincants, fait alliance avec les partisans du comte de Paris. En retour, la charmante duchesse dépensa pour lui une bonne part de sa fortune.

 

Les meilleures choses ont une fin. Le camp des dracophiles se divise et se déchire. Après avoir fabriqué un général Boulanger-émiral Chatillon, on le trouve encombrant, il faut le démolir, le sacrifier. Mais comment faire ? C’est le sub-émiral Volcanmoule, un vieux compagnon de Chatillon, qui se charge de cette mission délicate. Anatole France nous l’explique :

(lecture)

«  Le 18 septembre, au matin, la nouvelle courut dans Alca que Chatillon avait pris la fuite. L’émoi, la surprise étaient partout. On doutait, on ne pouvait comprendre. Voici ce qui s’était passé :

Un jour qu’il se trouvait, comme par hasard, dans le cabinet de M. Barbotan, ministre des Affaires internes, le brave subémiral Volcanmoule dit avec sa franchise coutumière : « Monsieur Barbotan, vos collègues ne me paraissent pas bien dégourdis ; on voit qu’ils n’ont pas commandé en mer. Cet imbécile de Chatillon leur donne une frousse de tous les diables. »

Le ministre, en signe de dénégation, fendit avec son couteau à papier l’air sur toute l’étendue de son bureau.

« Ne niez pas, répliqua Volcanmoule. Vous ne savez pas comment vous débarrasser de Chatillon. Vous n’osez pas le traduire devant la Haute Cour, parce que vous n’êtes pas sûr de réunir des charges suffisantes. Bigourd le défendra, et Bigourd est un habile avocat… Vous avez raison, Monsieur Barbotan, vous avez raison. Ce procès serait dangereux…

Ah ! mon ami, fit le ministre d’un ton dégagé, si vous saviez comme nous sommes tranquilles… Je reçois de mes préfets les nouvelles les plus rassurantes. Le bon sens des Pingouins fera justice des intrigues d’un soldat révolté. Pouvez-vous supposer un moment qu’un grand peuple, un peuple intelligent, laborieux, attaché aux institutions libérales qui… »

Volcanmoule l’interrompit par un grand soupir :

« Ah ! si j’en avais le loisir, je vous tirerais d’affaire ; je vous escamoterais mon Chatillon comme une muscade. Je vous l’enverrais d’une pichenette en Marsouinie. »

Le ministre dressa l’oreille....

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