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Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens

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L'île des Pingouins (feuilleton n° 9)

Le brave Panther cherche en vain et se représente devant Greatauk : « Monsieur le ministre, je viens d’examiner l’affaire des 80 000 bottes de foin. On n’a pas de preuves contre Pyrot.

-        Qu’on en trouve, répondit Greatauk ; la justice l’exige. Faites immédiatement arrêter Pyrot !

 

« Pyrot fut jugé secrètement et condamné. »

Le procès de Dreyfus devant le conseil de guerre commença le 19 décembre 1894 à huis clos, et la production par le ministre de la guerre d’une pièce secrète non communiquée à la défense détermina la condamnation.

« Par bonheur, dit le général Panther, les juges avaient une certitude, car il n’y avait pas de preuves »

« Des preuves, murmura Greatauk, qu’est-ce que cela prouve ? »

 

Entre en scène le personnage de Colomban : (Lire p. 157)

« Quelques semaines après la condamnation des sept cents Pyrots, un petit homme myope, renfrogné, tout en poil, sortit un matin de sa maison avec un pot de colle, une échelle et un paquet d’affiches et s’en alla par les rues, collant sur les murs des placards où se lisait en gros caractères : Pyrot est innocent, Maubec est coupable. Son état n’était pas de coller des affiches ; il s’appelait Colomban, auteur de cent soixante volumes de sociologie pingouine, il comptait parmi les plus laborieux et les plus estimés des écrivains d’Alca. »

 

Bien sûr Colomban, c’est ZOLA qui, dès novembre 97 écrivait en faveur de la révision, qui, le 14 décembre publiait une lettre à la jeunesse et le 6 janvier 98 une lettre à la France ; qui enfin, le 13 janvier, mettait sous 300 000 paires d’yeux son « J’accuse ».

 

Le débat connaissait un nouveau souffle ; le 24 janvier, à la Chambre, Jaurès recevait un coup de pied d’un député royaliste.

 

Faisons le point et mesurons l’état des forces en présence. Les milieux catholiques, qui pensent toujours à restaurer la royauté, prennent naturellement parti dans l’Affaire.

 

Le pieux Agaric rend visite au révérend père Cornemuse et lui demande : (lecture p. 162-la Pléiade)

« Vous ne doutez pas du crime de Pyrot ? – Je n’en puis douter, très cher Agaric, répondit le religieux des Conils ; ce serait contraire aux lois de mon pays, qu’il faut respecter tant qu’elles ne sont pas en opposition avec les lois divines. Pyrot est coupable puisqu’il est condamné. Quant à en dire davantage pour ou contre sa culpabilité, ce serait substituer mon autorité à celle des juges, et je me garderai bien de le faire. C’est d’ailleurs inutile, puisque Pyrot est condamné. S’il n’est pas condamné parce qu’il est coupable, il est coupable parce qu’il est condamné ; cela revient au même… »

 

Nous sommes ici à l’un des carrefours les plus importants de l’histoire pingouine : l’alliance est scellée entre Colomban - Émile Zola et Bidault Coquille – Anatole France.

 

Bien des choses séparaient et même opposaient l’héritier des hellénistes et le naturaliste socialisant.

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