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Réflexions inspirées de l'actualité mes réactions au jour le jour sur la presse, sur les media en général, et surtout sur le contact avec mes concitoyennes et mes concitoyens

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L'île des Pingouins (feuilleton n° 13)

Il semblerait que le livre VIII, « Les temps futurs – et en sous-titre : l’Histoire sans fin » soit un peu le testament d’Anatole France.

Au seuil de ces Temps Futurs, il écrit :

« Rien ne pouvait faire prévoir la ruine d’un régime fondé sur ce qu’il y a de plus fort dans la nature humaine : l’orgueil et la cupidité »

Pourtant, des symptômes inquiétants apparaissent :

« La catastrophe désormais périodique, régulière, rentrait dans les prévisions et prenait, dans les statistiques, une place de plus en plus large. Chaque jour des machines éclataient, des maisons sautaient, des trains bondés de marchandises tombaient sur un boulevard, démolissant des immeubles entiers, écrasant plusieurs centaines de passants, et, à travers le sol défoncé, broyaient deux ou trois étages d’ateliers et de docks où travaillaient des équipes nombreuses. »

 

Georges Clair, témoin de ce temps, dit à son amie Caroline Meslier :

« La richesse est un des moyens de vivre heureux ; ils en ont fait la fin unique de l’existence. »

 

Qui peut être ce jeune pingouin Georges Clair ? Sans doute un représentant de l’intelligentsia de ce temps, pas encore révolutionnaire, mais déjà soixante-huitard avant l’heure ; nourri du positivisme d’Auguste Comte ; et surtout prêtre de la science, la science rédemptrice, et s’il le faut, justicière…

 

C’est un écologiste de la première génération, un de ces écolos jansénistes qui, avec leur morale sévère, étaient encore des optimistes. Certains de leurs descendants actuels, déçus par la science qu’ils rendent responsable de tous les maux, sont devenus des pessimistes contagieux.

 

Georges et Caroline s’engagent habituellement dans des discussions très sérieuses, et reviennent sans cesse à certains sujets scientifiques qui leur étaient familiers.

 

Lecture (p 239-241) :Ce jour-là, ils firent des remarques sur l’évolution de la chimie. « Dès l’instant où l’on vit le radium se transformer en hélium, on cessa d’affirmer l’immutabilité des corps simples. Ainsi furent supprimées toutes ces vieilles lois des rapports simples de la conservation de la matière…Maintenant qu’on peut se procurer du radium en suffisante quantité, la science possède d’incomparables moyens d’analyse. Dès à présent, on entrevoit dans ce qu’on nomme les corps simples des composés d’une richesse extrême et l’on découvre dans la matière des énergies qui semblent croître en raison même de sa ténuité…

… « Que le temps est beau ! Dit-elle. Le soleil brille et change en or les fumées de l’horizon… Il ne répondait pas ; son regard restait fixé sur un point de la ville. Après quelques secondes de silence, ils virent, à une distance de trois kilomètres environ, au-delà de la rivière, dans le quartier le plus riche, s’élever une sorte de brouillard tragique. Un moment après, une détonation retentit jusqu’à eux, tandis que montait vers le ciel pur un immense arbre de fumée… Des cris éclataient tout proches dans le square : « Qu’est-ce qui saute ? On essayait de définir le lieu du sinistre… C’est le trust de l’acier qui vient de sauter » Clair remit sa montre dans sa poche. Caroline le regardait avec une attention tendue… enfin elle lui murmura à l’oreille : « Vous le saviez ? Vous attendiez ?… C’est vous qui… »

Il répondit, très calme : « Cette ville doit périr. »

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