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Le 2 juin 1964, le Conseil municipal de Saint-Ouen en Loir-et-Cher, réuni sous la présidence de Monsieur le Maire Fabien BEDU (9 présents, 4 absents) attribuait aux voies desservant le « nouveau lotissement » les noms d’Alexis CARREL et de BERGSON. Actuellement, le nom d’Alexis CARREL apparaît seul sur la carte « Google Earth » sur internet.
Ce 2 juin 1964, les nouveaux noms de rues proposés par la commission désignée lors de la précédente réunion du Conseil municipal furent adoptées sans débat. A l’époque, les Conseillers savaient seulement qu’Alexis Carrel avait été Prix Nobel de médecine, ce qui leur inspirait confiance. L’information était d’ailleurs suggérée par Monsieur le Préfet dont la commission avait sollicité le conseil.
Cependant, le nom d’Alexis CARREL n’évoque pas seulement ses travaux de médecine. Carrel s’intéressa à des problèmes sociologiques d’un point de vue ouvertement raciste.
Une loi du 17 novembre 1941 (JO 5/12/41) institue la « Fondation Française pour l’étude des problèmes humains » Alexis Carrel est nommé « régent », titre insolite qui n’a d’équivalent qu’à la Banque de France. Cette loi est signée par Pétain, l’amiral Darlan, vice-président du Conseil, Pierre Pucheu, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Serge Huard, secrétaire d’Etat à la Famille et à la Santé, Yves Bouthillier, secrétaire d’Etat à l’Economie nationale et aux Finances.
L’ambassadeur nazi Otto Abetz appréciait beaucoup Carrel et soutenait le projet de Laval d’en faire un ministre (des raisons de santé empêchèrent Carrel d’accepter).
Les lycéens et lycéennes du lycée Ronsard qui se présentaient au « bac » sous l’occupation nazie ne pouvaient ignorer le nom de Carrel, dont le livre « l’Homme, cet inconnu » figurait au programme imposé.
Le 23 février 1943, le « régent » Alexis Carrel précisait ainsi sa pensée :
« Pour quelles raisons un peuple jadis réputé intelligent a-t-il décliné ?... Il ne sert à rien d’augmenter la natalité si l’accroissement de la population se fait grâce à la fécondité d’éléments tarés. Il semble bien, cependant, que les allocations familiales, telles qu’elles sont pratiquées aujourd’hui, soient loin de favoriser la propagation des meilleures souches…
Beaucoup d’immigrants ont été admis en France, les uns désirables, les autres pas. La présence de groupes étrangers, indésirables du point de vue biologique, est un danger certain pour la population française. La Fondation procède au dénombrement et à la localisation de certains d’entre eux – Nord-Africains, Arméniens, Polonais. Elle étudie en particulier la population arménienne d’Issy-les-Moulineaux, et cherche à savoir ce que valent les produits de croisement de ces étrangers avec les Français…
Il est indispensable d’avoir une politique de l’immigration et de déterminer quels sont les immigrants dont la présence est désirable du point de vue de l’avenir biologique de la nation. »